Abel JALLAIS 2024

September 05 - October 05, 2024

20 rue des Coutures Saint Gervais 75003 Paris

Les trous dans la vase En 1972, à Saint-Nazaire dans l'Ouest de la France débutent la construction du pont reliant la rive Nord et Sud de l'estuaire de la Loire. L'emplacement sud choisi pour les premiers pieds du futur monstre de béton est à la rencontre de la rivière et de l'Océan, sur une rive où la couche de vase peut atteindre plusieurs mètres. Grise, marron, verte, parfois jaune ocre après de fortes crues du fleuve. Cet emplacement est bien connu des locaux, certains «anciens» savent aussi que lors des plus grandes marées où l'eau se retire sur plusieurs centaines de mètres, apparaissent parfois des formes étranges, inertes qui semblent émerger du sol mou et grisâtre. Vestiges ou rebuts industriels, nul ne voulait s'en approcher et personne n'avait pu apercevoir ces formes énigmatiques depuis des années. Au matin du 6 mars 1972 alors qu'une équipe d'ouvriers creusent cette masse boueuse, une bruit sourd et anormal se fait entendre. Quelque chose bloque la pompe n:°2. L'un des ouvriers est désigné pour descendre dans la vase pour débloquer la machine. Il s'y enfonce jusqu'à la taille et y plonge ses bras nus. A sa grande surprise ses mains rencontrent une surface dure comme de la pierre mais beaucoup trop lisse pour en être une. Cette journée-là, quatre «objets» furent déterrés, nettoyés et alignés sur la berge. C'était des formes lisses, comme façonnées par les eaux. Certaines étaient composées de plusieurs volumes reliés les uns aux autres par ce qui semblait être des tuyaux. Impossible de dire si ces «pierres creuses» avait été façonnées par la nature, un animal, ou la main de l'homme.

Les trous dans la vase

En 1972, à Saint-Nazaire dans l’Ouest de la France débutent la construction du pont reliant la rive Nord et Sud de l’estuaire de la Loire. L’emplacement sud choisi pour les premiers pieds du futur monstre de béton est à la rencontre de la rivière et de l’Océan, sur une rive où la couche de vase peut atteindre plusieurs mètres. Grise, marron, verte, parfois jaune ocre après de fortes crues du fleuve.

Cet emplacement est bien connu des locaux, certains «anciens» savent aussi que lors des plus grandes marées où l’eau se retire sur plusieurs centaines de mètres, apparaissent parfois des formes étranges, inertes qui semblent émerger du sol mou et grisâtre.

Vestiges ou rebuts industriels, nul ne voulait s’en approcher et personne n’avait pu apercevoir ces formes énigmatiques depuis des années.

Au matin du 6 mars 1972 alors qu’une équipe d’ouvriers creusent cette masse boueuse, une bruit sourd et anormal se fait entendre. Quelque chose bloque la pompe n:°2.

L’un des ouvriers est désigné pour descendre dans la vase pour débloquer la machine.

Il s’y enfonce jusqu’à la taille et y plonge ses bras nus. A sa grande surprise ses mains rencontrent une surface dure comme de la pierre mais beaucoup trop lisse pour en être une.

Cette journée-là, quatre «objets» furent déterrés, nettoyés et alignés sur la berge.

C’était des formes lisses, comme façonnées par les eaux. Certaines étaient composées de plusieurs volumes reliés les uns aux autres par ce qui semblait être des tuyaux.

Impossible de dire si ces «pierres creuses» avait été façonnées par la nature, un animal, ou la main de l’homme.

Les jours qui suivirent, d’autres formes furent sorties de terre. Les curieux étaient de plus en plus nombreux à venir admirer ces étrangetés qui avaient alimenté tant d’histoires et de superstitions. Certains criaient qu’il fallait les remettre à l’eau, d’autres plus téméraires voulaient brièvement s’en approcher pour les toucher.

Cette découverte ne prit pas longtemps à arriver aux oreilles de chercheur.es spécialistes dans les artéfacts, géologues et naturalistes. Chaque corps de métier expliquait ces formes selon leur domaine d’expertise.

Les naturalistes pensaient qu’elles étaient le résultat d’animaux invertébrés encore inconnus vivants dans la vase, créant des réseaux de galeries et de cavités avec une matière calcaire à la façon des coraux dans les récifs. Cette matière dure comme de la pierre était teintée par la couleur du limon.

Les géologues les expliquaient par des cavités dans le sol où des dépôts argileux se seraient sédimentés au fil des siècles, créant une sorte de coquille en négatif de ce réseau souterrain.

Une archéologue, quant à elle, qui n’était ni en rivalité avec les naturalistes, ni avec les géologues, avança une théorie nouvelle : se pourrait-il qu’une civilisation oubliée ait orchestré l’action simultanée des invertébrés et des dépôts argileux?

«Une civilisation incroyablement lente, comparée à la notre»

Si lente que l’attente pour avoir un objet s’estimait en siècles?

Car il est vrai que certaines de ces formes paraissent comme des outils, d’autres possèdent un symétrie que la nature ignore habituellement.

/

La poursuite de la construction du pont empêcha toutes autres formes d’études sur le site. Et les premières chapes de béton scellèrent les possibilités d’accès pour des fouilles plus approfondies. Le mystère de cette vingtaine «d’objets» arrivés sur la berge demeura entier.

Aujourd’hui encore, lors des grandes marées, on peut voir certains curieux s’enfoncer dans le vase, dans l’espoir de trouver une de ces formes sédimentaires.

Read More

Past Exhibition

Abel JALLAIS 2024

Formes sédimantaires

September 05 - October 05, 2024

20 rue des Coutures Saint Gervais 75003 Paris