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Un train, un homme, le jour touche à son terme.
Le passé est à peine achevé et l’avenir encore indéfini. Federico Cimatti tourne son visage vers la vitre. Il se laisse submerger par les paysages qui défilent et par le désir de se laisser transporter. Une vague et douce tristesse propice à l’introspection affleure. Tout entier plongé dans les variations de la lumière crépusculaire, il s’abandonne à un songe éveillé.
Spectateur sidéré par la danse folle des motifs qui se précipitent derrière la vitre, il presse le déclencheur sans savoir ce qui pourra en résulter.
Plus tard, face à ces clichés dont certains sont brouillés, griffés ou troubles, imprécis et incertains, il est bouleversé. Il réalise qu’il a été le témoin et le récepteur de minuscules miracles tissés d’une addition de phénomènes aléatoires : vitesse, lumière, reflets, objets, temps, pluie, vent, matières. Des réalités parallèles se sont superposées à ce qu’il avait cru capter.
Un poème lu par hasard entre en résonance parfaite avec les images qui se sont dévoilées : « …Qu’as-tu vu par la fenêtre ?…L’espoir d’un poème sans nulle certitude… »(1). Federico Cimatti comprend qu’il vient de trouver le sens de ce qui n’était pas un travail mais qui va devenir un défi et une obsession : rejoindre les racines de son engagement artistique, retrouver une simplicité de moyens capable de construire les véhicules fragiles de l’émotion.
D’autres trains, d’autres soirs tombants.
Il se met à guetter l’instant magique où il pourra enregistrer ces visions indéfinissables, dans l’entre-deux de la peinture et de la photographie.
Grâce aux variations complexes du noir, du gris et du blanc, il s’affranchit des codes de la représentation réaliste pour nous entraîner vers des paysages mentaux ouverts à toutes les interprétations. Au fil des stricts formats carrés qu’il a choisis comme normes, il nous invite à errer avec lui, à plonger dans la profondeur métaphysique de ces paysages de solitude d’où l’homme s’est absenté.

 

(1) « Paysage avec éoliennes », poème de Emmanuel Moses, extrait de son livre « Sombre avec le temps »

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Exposed Work

Federico Cimatti

Vit et travaille à Paris

Durant ses études d’architecture à l’université de Rome, Federico Cimatti découvre la peinture et la photographie.

En 1975 il décide ce de consacré entièrement à cette dernière discipline et décide de se transférer à Paris.

Après quelques années il collabore avec les plus célèbres magazines de mode comme Marie-Claire, Elle, Dépêche Mode, Vogue, Harpers Bazard, Citizen K, K Wallpaper, Stiletto, Architectural Digest et Amica.

C’est à ce moment que les plus célèbres marques de l’industrie du luxe en France en Italie et aux USA font appel à lui pour réaliser d’importantes campagnes publicitaires (Cartier, Dior, Hermès, Emporio Armani, Profumi Guerlain, Lacoste, Cavalli, Givenchy, Chanel, Absolut Vodka, Glennfiddish, Hennessey, Paradis Imperial, Clarins, Biotherm, e altre).

Récemment il se consacre d’avantage de de façon intensive à des projets artistiques plus personnels.